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Thème 1 : Planifier et habiter la ville Durable

Pilotes : Helga-Jane Scarwell (TVES-Lille 1) et Guillaume SCHMITT (CALHISTE, UVHC)


Injonction désormais incontournable, le développement durable connaît une diffusion accélérée sur la rive sud de la Méditerranée. Sa mise en oeuvre dans sa forme la plus répandue à travers la planification de la ville durable ou l'élaboration de politiques sectorielles plus environnementales illustrent bien ces évolutions. Ainsi, Penser le développement durable implique de s'interroger sur la notion d'aménagement du territoire laquelle ne se limite pas au seul territoire physique d'une Nation. Elle concerne surtout l'Homme et la Société dans leurs relations intimes avec leur environnement naturel, ethnologique et culturel :

  • Assiste-t-on à l'invention de modèles spécifiques et d'un nouvel urbanisme propre à l'aire méditerranéenne?
  • Comment les objectifs de durabilité transforment la fabrique des villes? Comment sont-ils réappropriés aux échelles nationale, régionale et locale?
  • Comment gérer le poids des héritages urbanistiques ou architecturaux, l'inertie inhérente aux systèmes urbains (coûts du foncier, propriété privée, collective, publique)?
  • Comment concilier l'expansion et la densité urbaine avec la (re)constitution du maillage écologique (différentiel de la valeur marchande et culturelle)?
  • Le «durable» est-il vecteur d'un renouvellement des modes de faire la ville?

A ces questions répondent un ensemble de problématiques qui seront abordées à travers le projet ARCUS «E2D2». En effet, trois préoccupations majeures qui concernent les territoires des deux côtés de la Méditerranée peuvent être identifiées. Une première problématique s'intéresse aux relations entre les individus et leur environnement à travers la restauration de la nature et la préservation de la biodiversité. Le maintien ou le développement d'une agriculture urbaine peut-être associé à cette problématique. L'agriculture dans ou à proximité de la ville permet de la nourrir, de réguler l'étalement urbain mais aussi contribue à la préservation des ressources, notamment en eau, et à la production d'aménités.


Une seconde problématique est aussi à considérer au regard des objectifs de développement durable appliqués aux territoires. Elle concerne la gestion des héritages urbanistiques qui sont autant d'opportunités à requalifier dans une optique de renouvellement urbain et de reconstruction de la ville sur la ville, offrant ainsi la possibilité, dans un contexte d'urbanisation rapide, de limiter l'étalement urbain et de permettre la densification des villes existantes. Dans ce contexte si la définition des objectifs de durabilité vise à transformer la fabrique des villes, il semble important de questionner les actions menées dans ce cadre afin de ne pas accroître la vulnérabilité des territoires concernés déjà exposées à l'accélération de la croissance urbaine et à la morphologie urbaines. Le champ des activités à prendre en compte sera délimité aux risques urbains lesquels deviennent une question sociale dans l'espace méditerranéen. La question des risques interpellant toujours plus les problématiques urbaines, l'appréhension de la vulnérabilité d'un écosystème urbain et des propriétés de résilience peut être envisagée comme un moyen de réduction des vulnérabilités et une mesure de prévention et de protection mais également comme un moyen de participer à la construction de connaissances réellement utiles à la réduction de la vulnérabilité des sociétés et des territoires du Sud.


Une troisième problématique apparaît importante quant aux extensions urbaines qui doivent être limitées dans la mesure du possible pour ne pas accroître l'artificialisation des sols et les émissions de gaz à effets de serre. Les outils disponibles reposent notamment sur une coordination intercommunale de l'ouverture à l'urbanisation de nouvelles terres. La mise en place de Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) ou de Plan Locaux d'Urbanisme intercommunaux (PLUi) apparaissent comme des outils majeurs par rapport à la consommation d'espace. Ces documents doivent être assorties de réflexions quant aux déplacements de population à travers le développement des transports collectifs. Ces objectifs apparaissent au coeur des problématiques de pollution atmosphérique que connaissent de nombreuses villes comme à Beyrouth par exemple. Enfin en prenant en compte les objectifs du développement durable, les territoires doivent valoriser la participation habitante aux différents niveaux de la décision tant le partage des diagnostics urbains, l'éclairage des enjeux et l'élaboration de l'action urbaine. Cette participation habitante aura aussi comme objectif de mettre en place une ville solidaire qui atténue les ségrégations socio-spatiales et favorise la valorisation des espaces publics prix comme des lieux de débats et de rencontres. Enfin, au coeur de la ville durable de nouvelles approches décisionnelles et interdisciplinaires basées sur les Systèmes d'Information Géographique trouvent aussi leur place pour les élus à des fins de stratégie ou pour établir des scénarios d'aménagement à moyen terme. Quels retours d'expérience peut-on faire des deux dernières décennies écoulées et quels enseignements en tirer tant pour les chercheurs que pour les acteurs opérationnels?

Les missions affectées à ce thème sont donc :

  • le renforcement des partenariats existants (cotutelle de thèse, participation au projet «Sociétés en Méditerranée-SCOMED 2012, échanges de chercheurs et d'enseignants, projets de recherche bilatéraux) avec l'Université Libanaise de Beyrouth (Département de Géographie) et/ou les Universités de Birzeit (Département de Géographie) et de An-Najah National University (Naplouse).
  • la mise en place de nouvelles thématiques de recherche  comme l'étude de la qualité de l'air à Beyrouth (perception des habitants, gestion institutionnelle et perspectives de remédiation à la pollution).
  • Le développement et la mise en oeuvre de modèles spécifiques de nouveaux panneaux photovoltaïque incluant un système d'orientation propre à l'aire méditerranéenne (collaboration avec l'université de Birzeit).  
  • l'accueil à parité d'étudiants des partenaires étrangers dans les formations Master (Aménagement Urbanisme, Développement des Territoires, génie civil architectural et urbain) et  en thèse  (en géographie, aménagement de l'espace et urbanisme et communication urbaine) des trois universités régionales.
  • Le développement de la formation continue sur l'utilisation et le rôle des outils intervenants dans l'aménagement du territoire (cartographie thématique, étude des différents plans et schémas réglementaires, l'analyse spatiale, le développement de scénario prospectif, la pratique de logiciels commerciaux (ceux de «l'open source») et thématiques (d'orientation,réglementaire, programmatique, incitatif, fiscaux)) en lien avec la plateforme de calcul scientifique.